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La selle médiévale 1200
Approche d'une reconstitution pratique

La selle médiévale fait débat depuis longtemps en reconstitution. Elle soulève en effet de nombreuses interrogations auxquelles répondent autant de difficultés parmi les lesquelles :

  • La quasi absence de sources matérielles.
  • La différence entre les cultures équestres moderne et médiévale (le cheval loisir opposé au cheval utilitaire)
  • L'insuffisante exploitation du sujet en reconstitution pour cette époque.

Les sources iconographiques sont nombreuses. En effet le cheval est l'apanage des personnages importants, les plus représentés dans les scènes enluminées.


Image 1
Bible de Maciejowsky 1250


Image 2
Bible dd'Edouard le Confesseur 1232



Image 3
Origine inconnue- 1230~-1260


Image 4
Mort de Gilbert Marshal-Pembroke-1241

Les formes de selles les plus répandues sont à pommeau et troussequin hauts et incurvés vers l'avant. Il existe des pommeaux incurvés vers l'arrière, mais ils seraient moins représentatifs si l'on s'en tient à leur faible fréquence de représentation dans les enluminures.

La réalisation pratique :

Elle est basée sur un arçon de la sellerie Lacuche, initialement projet de Lou Teignou (de l'Ost de Montjoie devenu Historia Aquitanorum) qui est à l'origine de la première expérimentation.

Le principal objectif était de trouver un compromis entre un visuel historique de la selle compatible et une structure de selle en accord avec les impératifs actuels liés au confort du cheval.

L'équipement de l'arçon a été réalisé par mes soins en fonction des sources et de mes expériences au cours de ces 5 dernières années.

Conception de l'arçon :

Ce modèle est en lamellé. Le pommeau et le troussequin sont rapportés sur des patins de type Mac Lellan. Ce compromis assure une bonne polyvalence et un juste milieu entre le visuel recherché et le confort du cheval.

Cet arçon a cassé au niveau du troussequin après quelques heures de monte. Les deux autres selles de l'association ont montré des faiblesses identiques. J'ai dû démonter le tout et repercer pour fixer le troussequin avec des tire-fonds en acier. Après plusieurs années rien n'a plus jamais bougé. Probablement un défaut de jeunesse du projet...


L'arçon neuf juste sorti du carton
Image 5

Vue des patins bien morphologiques !
Image 6

Les sous-ventrières :

Plusieurs rendus visuels sont repérables sur les enluminures :

  • La sangle simple avec boucles latérales en D (XIIIeme)
  • Deux sangles parallèles avec boucles latérales en D (XIIeme et plus rarement XIIIeme)
  • Une sangle simple mais qui semble faire un aller-retour (XIIIeme)
  • Deux sangles croisées
  • Une sorte de large surfaix qui semble faire un aller-retour et qui passe sur la selle(XIIIeme)

J'ai opté pour le système le plus simple, le plus répandu et le plus polyvalent : sanglage simple et/ou sanglage double.
Cela permet aussi de passer d'un visuel à type XIIeme à un visuel à type XIIIeme.
La fixation des sangles se fait tout simplement par des lacets. Il n'y a jamais eu de casse en 5 ans, ce qui valide cette option prise initialement par Lou Teignou. L'autre avantage est la facilité de remplacement des sangles en cas de casse sur le terrain et sans outil !


Image 7

Image 8


Image 9
Ajustage des sangles et de la selle in situ...

La bricole :
Elle empêche la selle de reculer. Elle est omniprésente sur les sources. Il semble qu'il en existe trois types :

  • Fixée sur le patin de la selle devant le pommeau (visuel placé haut)
  • Fixée (où ?) avec un rendu plus horizontal
  • Grande sangle qui passe derrière le troussequin faisant en quelque sorte le tour du cheval.

J'ai réalisé les deux premiers systèmes pour le moment.


Image 10
Fixation plus haute de la bricole

Image11
Bricole horizontale et fixation par noeud

I mage 12
Fixation par boucles

Image 13
Fixation de la bricole par noeuds de cravate

Personnellement, je préfère le deuxième système. La fixation par des sangles et noeuds de cravate est particulièrement solide. L'ajustage est facile, le remplacement également en cas de casse. J'ai testé le système en balade et en reconstitution avec succès.
Je valide donc cette option pour le moment.


Image 12bis
Bricole réalisée dans le cadre de Bouvines 1214avec laquelle j'ai testé
le système de fixation par noeuds

L'assise :
Celle-ci n'est pas visible sur les sources, toutefois le rendu laisse deviner un renflement au centre témoignant d'un rembourrage. Voici une proposition de réalisation qui permet d'obtenir ce résultat.


Image 14
Surpiquage et couture du cuir

Image 15
Assise terminée et positionnée sur la selle


Plusieurs couches de laine sont découpées selon la forme de l'emplacement de l'assise de la selle.
Le centre de l'assise est renforcé avec un gros boudin de laine roulée qui est introduit entre les couches.
Il est ensuite surpiqué au centre puis sur les côté et enfin sur les bords. Il vaut mieux prévoir large et retailler en fonction. Une fine couche de cuir est ensuite cousue sur l'assise ce qui donne le résultat sur l'image de droite.
Voici le rendu final où l'on retrouve l'aspect du renflement de l'assise sur la selle, semblable à l'image 1 par exemple. Par ailleurs l'assise étant plus haute, elle permet une action plus efficace avec l'assiette !


Image 16
Test du rendu final au niveau l'assise, sous le tapis


La question du tapis de selle :

J'ai d'abord posé la selle sur des tapis modernes en doublant avec éventuellement un amortisseur gel pour soulager au niveau de l'appui des patins.
J'ai monté 4 ans (2007-2011) avec cette configuration sur des chevaux très variés sans aucun problème, y compris en costume lourd (costume chevalier XIIIème complet), ou en longue durée (balade de plusieurs heures).

En 2011 j'ai fait évoluer le montage pour aller vers un aspect historiquement plus conforme.
A cet effet, j'ai cousu un pad en feutre sous deux empiècements de cuir (voir image 9 , image17 , image 18) qualité sellerie de 5mm d'épaisseur. Ces deux empiècements font l'effet de faux quartiers et sont fixés sur les patins de la selle à l'aide de lacets de cuir. L'ensemble est donc attenant et en parfaite cohésion.
Lorsque je selle, cet ensemble est posé sur un autre pad feutre. Au total cela donne 3 cm de feutre et 5 mm de cuir sous l'arçon.
Les premiers tests en balade et en reconstitution ont donné de bons résultats sur différents chevaux. Le dos n'est pas marqué, il n'y a pas de points de pression apparents après une longue sortie. Le seul inconvénient est que le feutre tient chaud au cheval et que les deux couches de feutre ont tendance à glisser l'une sur l'autre au bout d'un certain temps de cavalcade !


Image 17
Visualisation des 2 couches de feutre et du cuir

Image18
Le dessous de l'ensemble


Image19
Fixation par lacet traversant arçon/cuir/feutre

Là encore l'ensemble a été pensé pour permettre le plus de polyvalence et de simplicité possible dans l'utilisation et les réparations.


Un autre modèle d'arçon est disponible auprès de l'Atelier du Château. La fabrication est entièrement faite à la main également. L'arçon est de bonne facture et plusieurs modèles éprouvés sont en service. Ici un modèle livré au marché de l'APHV à Pontoise.

Quelques visuels obtenus


Chevaliers Hospitaliers fin XIIeme

 


Sergent monté mi-fin XIIIeme

Martial/Bouchard

Cet article sera complété et mis à jour prochainement

Les Guerriers du Moyen-Age